01.11.2010

ASAP ... un mal de nos projets

 

Bingo ! Vous venez d’avoir une super idée pour votre business. Vous en imaginez déjà les possibilités et bénéfices. Vous abandonnez tout ce que vous étiez en train de faire et transmettez à vos équipes les instructions pour sa mise en œuvre immédiate. Pourquoi attendre, cette idée est géniale !

 

Au fait ! Quelle est la valeur ajoutée de cette idée une fois concrétisée ? Est-ce que les bénéfices attendus sont plus importants que ce sur quoi travaillent les équipes en ce moment ? Est-ce indispensable de les déranger en bousculant leurs priorités ?


Je constate régulièrement des équipes croulant sous les injonctions « ASAP » de leurs hiérarchies, voir de leurs clients. Elles sont comme azimutées, incapables de prioriser leurs acticités, c’est la dernière instruction ASAP qui compte. La capacité à organiser les choses dans le temps est perdue. Distribuer les injonctions ASAP est rassurant pour tout donneur d’ordre, et moi le premier ;-) Une question reste entière : Est-ce que c’est efficace ?

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Dans les faits, une instruction ASAP chasse l’autre. D’instruction en instruction, le bilan de ce qui est réellement produit est bien souvent maigre. Sans parler du niveau de qualité qui pâtit de toute évidence du côté « urgence ». Dans la vraie vie, les situations a urgence réelle sont rares, et heureusement ! Danger de mort, faillite de l’entreprise si quelque chose d’immédiat n’est pas fait sont bienheureusement des cas peu courants..

 

La généralisation du mode « ASAP - Best-effort », au-delà d’être souvent inefficace, endommage la capacité de réalisation des équipes. Un sentiment de découragement peut venir parasiter votre productivité.

 

Il est des projets ou des secteurs d’activité ou la notion d’urgence est primordiale. Elle l’est, mais jamais sur tous les sujets et c’est ce à quoi il faut s’atteler pour en éviter la somme d’effets négatifs induits. A titre personnel, lorsqu’une idée pour les projets que je dirige me vient, je m’impose le processus suivant : 

  

  • Noter l’idée pour la laisser refroidir (et ne pas l’oublier !)
  • Etudier sa valeur à tête reposée, et le cas échéant
  • La prioriser
  • La mettre en œuvre

 

En clair, réservons nos messages d’urgence aux vraies urgences. Celles pour qui les conséquences, réelles, mesurables, impliquent une action immédiate. Pour le reste, restons calme :-)  

 

13.10.2010

Cours de bonheur à Harvard

 

C’est un peu comme ça que j’imagine le cours que dispense, à Harvard, le professeur Tal Ben Shahar. Un amphi baigné de lumière, des étudiants groupés autour de leur professeur, captivés. Un secret se dévoile, complices privilégiés de cet instant volé. Ils savourent. Pour la première fois, ils apprennent quelque chose qui leur sert vraiment, pour eux, pour leur vie. Ils sont passionnés.

 

Je suis sidéré par l’audace qu’à eu cet homme. Tal Ben Shahar a tout simplement proposé un cours d’apprentissage du bonheur à la très prestigieuse Harvard. Il a osé !

Le cours est désormais le plus populaire du campus, devançant même le célèbre cours d’initiation à l’économie. Tout un symbole…

 

Tal préconise des choses simples, issues de l’observation, mais dont les effets ont été mesurés scientifiquement. C’est la « psychologie positive ». Prenons un exemple. Qui sait que sur un panel de dépressifs, un groupe traité aux antidépresseurs a un taux de guérison équivalent au groupe dont le traitement consiste à faire une demi-heure d’exercice physique trois fois par semaine ? Surprenant non ?! C’est encore plus jubilatoire quand on apprend que le groupe antidépresseur a un taux de rechute de 36 %, alors qu’il n’en est seulement de 9 % pour le second groupe !

 

 

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Tal Ben Shahar : L'apprentissage du bonheur : Principes, préceptes et rituels pour être heureux

 

Autre idée intéressante, Tal propose à ses étudiants de tenir un « journal de reconnaissance ». Chaque jour, chacun note les choses pour lesquelles il éprouve de la reconnaissance. Véritable outil d’aide à la consolidation de la confiance en soi, Tal Ben Shahar va plus loin et démontre, études et statistiques à l’appui, que le bonheur est bon pour la croissance. En même temps, ça ne nous avait pas échappé. Comment être créatifs et performants lorsqu'on broie du noir ?

 

Je vois dans ces outils un océan de bénéfices en terme de Management de projets. Particulièrement les projets longs, ceux pour qui la pression est forte et perdure dans le temps, entrainant fatigue, baisse de vigilance et usure des collaborateurs. Les outils pratiques de la psychologie positive peuvent être une aide utile pour retrouver le bien-être, efficacité et créativité. 

 

Et vous, avez-vous des recettes pour améliorer le bien-être au service de l'efficacité et de la créativité ?

 

02.04.2010

Scandic Hotels ... le projet écolo-créatif !

 

Je vais vous conter une belle histoire qui nous vient du froid nordique.

C’était au début des années 90, un homme, Roland Nilsson vient d’être nommé à la tête de la chaîne suédoise d’hôtels, Scandic Hotels.

 

Tout semble aller pour le mieux, sauf que la dite société est financièrement exsangue ! Les pertes se chiffrent en dizaines de millions et la guerre du golf ravage l’industrie touristique mondiale. Difficile d’imaginer autre chose que la fermeture ou la revente.

Face à cette situation désespérée, Roland Nilsson fait un pari...un peu fou. Il se dit  que Scandic Hotel renouera durablement avec les bénéfices grâce au lancement d’un Projet de transformation du management et de responsabilisation environnementale.

Pour une société historiquement crée par un groupe pétrolier américain, on imagine facilement le côté quelque peu non orthodoxe de ce projet !

 

Roland fait appel à l’ONG The Natural Step pour assurer la MOAD de ce grand projet de transformation managérial et écologique de Scandic Hotels. L’approche originale de l’ONG est de ne pas appliquer de recettes mais de faire partager un constat, des objectifs et de faire appel la créativité de tous pour résoudre les problèmes identifiés.

Des formations sont organisées sur les enjeux environnementaux de la planète et sur les objectifs de l’entreprise. Lors de ces formations, tous les employés, du directeur au personnel de ménage sont conviés à imaginer à leur niveau des solutions concrètes à ces deux problèmes.

 

Près de deux milles idées sont imaginées et beaucoup sont mises en œuvre. Une femme de ménage propose le remplacement des savons et shampooings offerts par des cartouches murales, d’autres proposent de préférer le parquet en bois à la moquette (issue du pétrole). Le tri des déchets est généralisé, le renouvellement des draps pour les séjours de plus de deux jours est soumis au choix du client, la température des chambres est adaptée à la présence ou non de clients et même la clé de ces nouvelles chambres écolo est dorénavant en bois … tout un symbole !

 

Le projet de transformation managériale et écologique fonctionne et formidablement bien. La chaîne renoue avec les bénéfices dès 1994 à l’issue du projet. C’est un tel succès, que lorsqu’en 1996, Roland Nilsson fait entrer Scandic en bourse, il y a huit fois plus de demandes que d’offres !

 

A travers ce bel exemple, on retrouve les lames de fond de la réussite d’un projet :